Un 3 avril à 5h50

Je ne dors pas, même avec un demi-hypnotique. Je me réveille à chaque froissement de drap, à chaque changement de respiration, à chaque soupir. Je ne dors pas, je n’arrive pas à débrancher la machine. Je flotte dans un demi-sommeil sans pouvoir plonger totalement et profondément. Même les yeux fermés, le compteur tourne et la réflexion devient de plus en plus intense et compliquée. Je n’ose pas regarder l’heure car je sais bien que la nuit n’est pas passée. J’attends, somnole, atteins parfois un ou deux rêves (moi qui rêvais tant et qui adorais cette sensation au réveil). Quand une fine lumière apparaît au volet, je sais qu’il est environ 6 h et que je peux me lever. J’ai décidé que c’était une heure raisonnable même si c’est bien insuffisant. Ainsi, comme je vous l’ai dit auparavant, je fais la sieste. Mais je ne dors pas non plus. Ou très laborieusement. Avant, j’étais déjà une personne qui avait besoin d’un certain temps et d’un calme absolu pour s’endormir. Mais là, ça devient n’importe quoi. Au moment de dormir, je me mets à stresser, en me disant qu’il faut que je dorme mais que je ne vais pas pouvoir dormir. J’entends alors tous les bruits de la maison, du voisinage et du département. Et quand bien même mon esprit se relâche enfin, je me réveille en me disant, mince j’étais en train de m’endormir ! Bref, tout cela doit s’appeler de l’insomnie. Pour moi, ça ne s’appelle pas, ça se vit très difficilement, ça complique tout, mon organisme autant que mon moral et ça commence à devenir insupportable. 

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