à jamais !

Ce 2 avril, j’ai dit adieu à un médicament. Le plus important et à la fois le pire. Un antiémétique que je prenais une semaine matin et soir après chaque chimio. Le plus important, pas au sens vital mais plutôt au sens confort, car il devait agir sur les nausées et vomissements spécifiques des traitements anticancéreux. Le pire car il a fallu en tester trois pour en trouver un sans arôme, sans odeur, sans rien. Je sais que j’ai fait un blocage sur les médicaments mais je ne comprends pas pourquoi j’avais pris en grippe celui-ci. Parce que le premier essai était sous forme de film orodispersible (vous savez, comme ces pastilles qu’on laisse fondre dans sa petite bouche quand on a une certaine haleine…). Un petit carré de plastique qui se colle au palais et qui se dissout instantanément en laissant un goût de menthe. Rien de terrible quand on y pense. Si, terrible, horrible, infect… Parce que le deuxième essai était sous forme de comprimé mais toujours orodispersible. Alors encore cette même sensation d’en avoir plein la bouche, arôme vanille. Je sentais son odeur dès que je le sortais du blister. J’avais envie de vomir rien que de le voir. Je vous jure que c’est vrai. Le troisième essai fut le bon, un comprimé à avaler, neutre, bon légèrement coloré mais ça, ça passe, il ne faut pas abuser, je ne suis pas folle quand même ?!…

Je me dis, on tombe malade et on prend des médicaments contre les effets d’autres médicaments… Drôle de vie ! Donc ce matin, j’ai jeté la boîte vide de ce comprimé qui s’appelle ondansétron. J’ai fait le vœu de ne jamais le revoir, ni chez moi ni ailleurs. La course principale est finie, plus de chimio. Mais encore des rendez-vous à l’hôpital pour les piqûres d’anticorps. Mais encore des comprimés à prendre. Mais encore de la fatigue à venir et des virus à éviter. Le combat n’est pas fini, il prend une autre tournure, morale et psychologique. Je n’aurai jamais autant réfléchi de ma vie. Mes neurones se seront croisés, évités, entrechoqués, catapultés, ignorés, affrontés. Certains sont même partis ou sont restés sur place. Il en reste beaucoup (la maligne !), trop peut-être…

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