La demande en mariage

C’est un midi je crois, début avril. Mon prince me dit : et si on se mariait le même jour que mon frère ? Je me souviens avoir souri, ouvert de grands yeux, m’être dit, c’est fou, original, génial mais irréalisable ! Le 20 mai est un dimanche de Pentecôte, la douce guerrière et son chevalier se marient à 11 h à 20 minutes de chez nous. Comment est-il possible d’organiser tout cela ? Nous avons alors laissé planer l’idée quelques jours et l’idée s’est transformée en une évidence. Nous allions tenter de relever le défi, en prenant soin de ne blesser personne, en ne pensant qu’à l’amour, au beau clin d’œil qu’on souhaitait faire aux futurs mariés sans aucunement les offenser (il était convenu dès le départ que cette annonce se ferait après leur mariage). Nous voulions aussi faire un énorme pied-de-nez au destin. Ce destin qui a choisi de nous imposer, ma belle-soeur et moi, un cancer en même temps, un cancer cousin, la leucémie et le lymphome étant deux maladies du sang. L’été dernier, sans le savoir encore, nous étions déjà malades… Moi, j’ai eu la chance que mon cancer n’ait pas muté en agressif et échappé ainsi à la chambre stérile et à l’éventuelle greffe de moelle osseuse. En choisissant de nous unir le même jour qu’eux, plus qu’une symbolique, nous prouvions au destin qu’il ne décidait pas tout de nos vies. Liés par la maladie tous les quatre, nous serions désormais alliés pour du positif, du bonheur, de l’amour.

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