Beaucoup de pourquoi

Au départ, je ne me posais pas vraiment de questions. On m’expliquait à l’occasion les passages : déni, colère, acceptation, etc…. que je n’ai pas eu franchement la sensation de traverser, un peu à côté de la plaque sans doute, comme toujours. En fait, je me disais plutôt et surtout : heureusement qu’il s’agit de moi et non de mon fils ou de mon prince. Heureusement que je suis adulte pour comprendre « à peu près » ce qui m’arrive et ce qui peut m’attendre. Heureusement que je suis grande et forte (ou plus précisément têtue et fière) pour supporter douleurs physique et morale. D’ailleurs, j’ai écrit cette phrase il y a quelques temps : j’ai un caractère de merde, je pense que cela peut m’aider pour mener le combat. Mais faudrait-il encore l’utiliser à bon escient ? Puis, en voyant les gens dans la rue, souvent âgés, j’ai commencé à me dire : pourquoi pas eux, eux qui ont fait leur vie, qui ont connu enfants et petits-enfants. Pourquoi moi, maman (pas si jeune) d’un petit d’à peine trois ans, femme d’un prince (plus jeune que moi, la cougar !), grande sœur, fille de etc… J’ai eu une période focalisée sur les séniors, ayant envie de leur rappeler la chance qu’ils avaient. Chose ridicule en fait car certains avaient sûrement connu aussi la maladie. Et un jour, sans même savoir où la maladie m’emmenait, je me suis dit pourquoi pas moi. C’est vrai, pourquoi la maladie, la mort, le deuil, la souffrance frappent quelqu’un plutôt qu’un autre ? Pourquoi j’ai un cancer alors que d’autres n’en ont pas mais pourquoi j’aurais un cancer qui se soigne alors que d’autres en meurent ? Quelles questions ! Je réfléchis trop ou je suis folle peut-être. Cela m’a fait penser au traumatisme subi par les survivants d’une catastrophe qui se demandent pourquoi ils s’en sont sortis. Le cerveau est tellement complexe dans ses retranchements. Je me pose trop de questions et je n’ai personne pour me répondre vraiment, surtout à quatre heures du matin ! Pour me rassurer, je me dis que cela doit être normal, qu’il doit bien exister un syndrome du genre : je galère mais je m’en rajoute une couche… !

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