2ème course – 18 décembre 2017

J’appréhende énormément cette seconde chimio. Je voudrais tellement passer Noël « normalement », je ne pourrai peut-être pas me gaver de foie gras et de saumon (encore moins de chocolats) mais avant tout pouvoir être là avec mes proches, offrir mes cadeaux et recevoir les miens. Vous me direz, rater un Noël pour guérir d’un cancer, ce n’est pas la mort (!!). Des Noël, il y en aura encore pleins d’autres. Mais non, il n’en est pas question. Mon fils va pouvoir profiter de son premier Noël et puis mince, j’aime Noël, je veux faire Noël et je ferai Noël !!!!!

Nous voilà donc partis de bon matin, nous avons rdv à 8 h 30. Nous quittons la maison, il n’y a pas de neige dehors. Au fur et à mesure des kilomètres, nous voyons de la neige dans les prés, de la neige de plus en plus épaisse, de la neige sur la route. Et à dix minutes de l’hôpital, nous voilà coincés dans un bouchon, bloqués dans une bretelle de sortie, impossible de faire demi-tour. Pas de panique au début, nous n’habitons pas en haute montagne, il n’y a pas un mètre de neige par terre, ça va avancer. Mais non, ça n’avance pas, les minutes tournent, la voiture ne bouge pas. Je commence à stresser évidemment, je me rends compte que je vais être en retard, j’ai sérieusement envie de faire pipi (éviter de boire deux tasses de café avant de faire une heure de route…), il n’y a plus du tout d’essence dans la voiture (bien joué aussi ça), même mon prince doute d’arriver au bout. Tout va bien. Au bout de trois quarts d’heure d’attente et un prince qui, pour me rassurer (il est con des fois), me dit que ma chimio va peut-être être décalée, au pire ils me garderont la nuit, alors que je suis censée rester en soin que quelques heures, je stresse vraiment. J’appelle l’hôpital pour les prévenir de mon retard et je décide d’appeler la gendarmerie pour savoir ce qui se passe quand même !! Surprise, je tombe sur un gendarme sympathique qui me confirme que c’est bien la neige qui paralyse toute la ville et qui me console en me disant que de toute façon, il manque forcément médecins et infirmières à l’hôpital, pas faux ! 

J’explique à la cancéro les effets nécessaires mais désastreux des piqûres de globules blancs. Je lui dis que je ne souhaiterais pas en avoir CETTE FOIS. Elle accepte pour CETTE FOIS de ne pas m’en prescrire. Ouf ! La séance se passe normalement. Les jours qui suivent vont se dérouler assez bien, je n’ai pas de maux de tête, juste les nausées. Noël arrive, je vais pouvoir être là. Le 24 décembre avec ma belle-famille (quel beau mot quand même qui prend toute sa valeur) se passe bien mais le 25, je ne vais pouvoir profiter que du repas de midi, au fils des heures, je ne digère plus, je prends des malaises, je m’allonge, tente désespérément de lutter et de continuer de profiter. Je me mets la pression, je suis têtue (je vous l’ai déjà dit je crois!). Nous sommes avec mes parents et mon frère. Mon prince est avec eux, moi j’essaie de me reprendre dans la chambre de mes parents. Mais mon bébé chat vient me voir, me taquiner. Je me relève, j’insiste encore et je vais tenir jusqu’à la fin de soirée, sans rien manger, présente mais absente. J’ai persévéré jusqu’au bout, histoire de dire que j’étais là mais hélas, ça n’a pas fonctionné. J’ai mis trois jours à m’en remettre, digestion bloquée, nausées mais différentes de celles de la chimio. J’ai abusé, je suis allée trop loin je pense, je n’ai pas voulu m’écouter, tant pis. Noël est passé, j’étais là, « un petit peu mais pas trop ». 

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