Mon prince, ce héros

Ne vous méprenez pas, mon prince ne porte pas tous les jours son armure. Déjà, c’est un homme (féministe sors de mon corps) avec tout ce qui va avec : une façon de penser différente de la mienne, peu de mots et peu de questionnement, terre à terre et une tendance à aller droit au but. Quelques fois maladroit dans ses propos, souvent fatigué par ma brutalité et ma vitesse de paroles (dès le réveil). Mais mon prince est toujours là, près de moi, avec moi. En première ligne dans cette bataille, recevant en pleine face mes balles de douleur, mes coups de mitraillette, mes bombes de colère. Mon prince m’a accompagnée à chacun de mes rendez-vous et ils sont nombreux à ce jour. Je le revois dans le bureau du chirurgien qui évoque pour la première fois le mot cancer. Je peux sentir le sol s’effondrer sous ses pieds, la peur envahir ses membres. Il me regarde, je le regarde. Il est là, il me prend la main, il me dit : ça va aller, voulant s’en persuader lui-même. Je le vois engranger toutes ces nouvelles informations et appréhender toutes les prochaines questions. Il est choqué, tout comme moi. Il est assis sur sa chaise mais il est encore debout, tout comme moi. Et même si c’est très douloureux de repenser à ça, je nous revois sortir de la clinique, se regarder en pleurant, marcher jusqu’à la voiture. Je ressens encore cette étreinte, dans les bras l’un de l’autre, étreinte puissante et brutale moralement mais forte et chaude, presque enveloppante de promesse d’être toujours là. C’est ce jour que je lui ai dit, moi, passionnée par les lions (et les chats !) : je vais me battre comme une lionne !

Mon prince, sache que tu n’es pas la cinquième roue du carrosse, que personne ne t’oublie mais qu’au contraire, beaucoup de personnes pensent à toi. Sache que tu es fort comme un roc et que tu es si beau avec ton armure. Je ne te promets pas de ne plus être chiante, ni même d’être moins chiante. Tout comme toi qui continueras à me sortir des absurdités drôles ou pas. Par contre, à défaut d’être mon mari, tu es mon prince et tu sais, de nos jours, ils se font plutôt rares !

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