Encore un peu

Aujourd’hui, deux jours avant l’avant-dernière chimio, je viens de réaliser que je n’ai plus peur de mourir. Je ne sens plus cette boule au ventre et cette chape de plomb sur les épaules. Mon cerveau est en train d’intégrer le résultat du dernier pet scan qui date déjà pourtant de plus d’un mois. Je suis sur la voie de la guérison. OK, il me reste deux chimios puis deux ans de piqûres à l’hôpital. Mais à priori, cette fois-ci, ce cancer-là, je devrais m’en sortir. C’est difficile à expliquer et certainement difficile à comprendre mais je crois que, comme toute annonce inattendue et vitale, l’esprit a besoin de temps pour assimiler les informations.

Aujourd’hui, j’ai envie de me dire : allez ma grande, pousse-toi aux fesses, prends de l’élan, vas-y, fonce pour finir ces courses. Sois déterminée, positive, aie même l’audace d’avoir hâte d’y aller. Vois le bout du chemin. Ne pense pas aux effets secondaires, ne pense pas au bip-bip des machines une fois sur place. Ne pense pas à l’anti-allergique qui va t’endormir mais surtout te rendre nauséeuse. Ne pense pas au retour en voiture avec la crainte de vomir. Ne pense pas aux jours qui vont suivre, à bébé chat que tu ne verras pas, au ménage qui ne se fera pas ou difficilement, aux repas écoeurants qu’il faudra quand même préparer. Ne pense qu’à une chose : c’est l’avant-dernière, celle qui précède la dernière, dernière qui précède la fin. L’arrivée n’est pas loin ma grande. Accroche-toi encore un peu, hurle à nouveau ta colère dehors, arrête les questionnements inutiles et stériles, les appréhensions néfastes. Avance, trace, COURS !

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