6ème course – 26 mars 2018

Aujourd’hui, je vais faire ma dernière chimio ! Tout à l’heure, dans peu de temps, cette après-midi. Comme à chaque fois, jour peu ordinaire, je me sens plus forte et battante que la veille. C’est un jour important, c’est le jour de galère mais c’est le DERNIER. Ce matin, je vais faire des choses pour la dernière fois, vous ne pouvez pas imaginer la sensation et l’émotion. Tout n’est pas rose, il ne faut pas exagérer et puis, ce serait trop simple et bien moins marrant. Non, je ressens comme un flottement, partagée entre l’envie d’être contente, soulagée et la peur de me réjouir trop vite. Et si…

La chimio s’est bien passée. J’ai enfin eu droit de ne pas avoir droit à la perfusion d’anti-allergique qui me shootait tant. Mais comme ce petit antihistaminique a l’air si important, je l’ai eu en comprimé à avaler : cétirizine. Certains d’entre vous le connaissent sûrement (il peut aussi s’appeler Zyrtec, Virlix), on le prend quand on a un rhume des foins ou une grosse piqûre de frelon. Il endort un peu certes. Non, moi il me défonce ! L’infirmière m’a encore dit que je devais être extrêmement sensible à ce médicament, tu m’étonnes, je ne peux plus le voir. Pourtant, je l’aurai à chaque prochaine piqûre d’anticorps. Donc, ce comprimé m’a effectivement endormie et m’a provoqué des nausées mais bien moins qu’en perfusion. Petite parenthèse, c’est marrant (ce n’est pas le mot) mais quand j’écris tout cela, j’ai presque envie de vomir. Ces écœurements sont imprimés dans ma mémoire. D’ailleurs, je me rappelle encore du steak haché ⁄ coquillettes infâmes de l’hôpital le soir du 27 novembre, première chimio où je restais la nuit.

Revenons à nos petits moutons frisés, le reste de la séance s’est bien déroulé. J’avais une colocataire. Elle avait sa chimio avec moi. Elle, c’est une dame de 81 ans, pleine de sagesse et d’humour, qui m’a fait l’énorme plaisir sans le savoir de me rappeler le temps d’une après-midi mes deux grands-mères disparues. Elle avait la parole ironique et si attachante de ma grand-mère paternelle et la douceur et la bienveillance de ma grand-mère maternelle. Deux femmes extraordinaires qui me manquent tant. Ma grosse mémé et ma mamie, qui de là-haut, j’en suis sûre, veillent sur moi. Je ne fais la bise à personne depuis cinq mois mais quand cette amie de quelques heures s’est approchée de moi pour me saluer en me disant qu’elle était contente de m’avoir connue, je lui ai tendu les joues avec tendresse et reconnaissance.

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